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Avr 01

Pierre WILLI : « L’herbe noire »

 

Editions du Pôle Nord, 14,80€

Lecteurs sensibles s’abstenir… Par contre, les amateurs de thrillers violents vont se régaler… L’histoire commence dans le Centre, et même dans le « centre du Centre »…Un jeune du coin revient dans son village pour les vacances d’été. Il est seul dans le bus, il est seul dans le bourg. A part ces chiens qui hurlent sauvagement, sans compter le coq parano qui se prend pour un chien aussi  et crie tout ce qu’il peut… L’ambiance est glauque, noire, humide, boueuse… Paulin retrouve ses « copains d’enfance »… Nana, une enfant autiste à qui il rapporte des magazines de midinettes et des bonbons gluants. Et Gérard. « Comment vous le décrire ? Il a seize ans, en paraît dix-huit physiquement, mais n’en a que dix mentalement ». Gérard, le dingue des armes… Il y a aussi Gabriel, un jeune nanti de Poitiers qui vient s’isoler dans la résidence secondaire de ses parents, pour y consommer diverses substances, plus ou moins légales. Trois des quatre débutent alors leur « road-movie », par un carnage dans le village suivi d’une fuite éperdue sans d’autre but que d’échapper à la police (et accessoirement voir la mer). Mais peut-être aussi pour échapper à eux-mêmes et à leurs vies de gosses laissés pour compte… Pierre WILLI, avec son écriture précise et urgente, déplie pour ses lecteurs la carte routière de l’horreur. On s’enlise dans la violence, on en reste hébété… Outre les aventures des trois ados, l’ouvrage présente aussi, en filigrane, le problème des jeunes ruraux en manque d’activités. Fidèle à une technique qu’il/on affectionne, l’auteur écrit l’histoire de différents points de vue. Celui de la jeune autiste est particulièrement poétique et surprenant. On n’attend plus qu’une chose : qu’un scénariste s’empare de ce roman pour le porter à l’écran…

 Lydie George

in Côte d’Opale Magazine web et papier

avril/mai 2014